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Le Coran dit-il que la Trinité chrétienne est "Père, Mère, Fils" ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par administrator   
Jeudi, 24 Juin 2010 11:47

Question :

En lisant le Coran, j'ai été assez surprise à lecture de ce verset : "Et lorsque Dieu dira : "O Jésus fils de Marie, est-ce toi qui as dit aux gens : "Prenez-moi, ainsi que ma mère, pour deux divinités en dehors de Dieu ?" Il dira : "Pureté à Toi ! Il ne m'appartient pas de déclarer ce que je n'ai pas le droit de dire. Si je l'avais dit, Tu l'aurais su ; Tu sais ce qu'il y a en moi, et je ne sais pas ce qu'il y a en Toi. Tu es, en vérité, Connaisseur de tout ce qui est caché"" (Coran 5/116).

Surprise, pourquoi ? Parce que ce verset parle de la Trinité selon la conception "Père, Mère (Marie) et Fils (Jésus)". Or la Trinité est connue chez les chrétiens comme "Père, Fils et Saint-Esprit". Je me suis donc demandée pourquoi la Trinité est-elle ainsi présentée dans le Coran ?

-
Réponse :

Le Coran parle explicitement de la Trinité, mais en 5/73. Pour ce qui est de ce verset-ci, le 5/116, il ne dit nulle part dans le passage que là est la Trinité chrétienne ; il dit simplement que le jour du jugement Dieu demandera à Jésus si c'est lui qui avait dit aux gens de les prendre, lui et sa mère, comme divinités.

Marie n'est pas prise par des chrétiens comme divinité, me direz-vous ?

Détrompez-vous, les catholiques parlent explicitement de "culte marial", dont ils disent clairement qu'il consiste non seulement en "l'imitation" de la Vierge, mais aussi en "son invocation" (source : Spiritualité chrétienne). Or, comme le Prophète Muhammad (sur lui et sur les autres prophètes soit la paix) l'a dit, "L'invocation, c'est l'adoration même" ; invoquer un autre que Dieu, c'est donc l'adorer (cliquez ici pour lire notre article sur le sujet). Et adorer un être, c'est le prendre comme divinité (cliquez ici pour lire notre article sur le sujet). Invoquer Marie, c'est donc la diviniser.

Et quand je dis que ces chrétiens lui adressent des "invocations", je parle des invocations formulées comme modèles par des chrétiens érudits – il ne s'agit pas d'ignorants, tels qu'on en trouve dans toutes les religions faisant des choses que cette religion désapprouve ou interdit. Les modèles suivants d'invocations sont ainsi relatés de personnalités chrétiennes : "Remplis ma bouche, ô Marie, de la grâce de ta douceur. Éclaire mon intelligence, toi qui as été comblée de la faveur de Dieu" (Ephrem). "Ayez mémoire et souvenance, très douce Vierge, que vous êtes ma Mère et que je suis votre fils ; que vous êtes puissante et que je suis un pauvre homme vil et faible. Je vous supplie, très douce Mère, que vous me gouverniez et me défendiez dans toutes mes voies et actions. Ne dites pas, gracieuse Vierge, que vous ne pouvez ; car votre bien-aimé Fils vous a donné tout pouvoir, tant au ciel comme en la terre. (…) Puis donc, très douce Vierge, que vous êtes ma Mère et que vous êtes puissante, comment vous excuserais-je si vous ne me soulagez et ne me prêtez votre secours et assistance ?" (François de Sales). "Assistez-moi à l'heure de ma mort ; faites que je rende le dernier soupir, ayant sur les lèvres votre nom et celui de votre Fils, et redisant : Jésus, Marie, je vous recommande mon âme !" (Alphonse-Marie de Liguori). (On remarque dans cette dernière invocation le fait que la personne met côte à côte Jésus et Marie, rejoignant tout à fait ce qui est annoncé par le verset coranique.)

Nous musulmans n'approuvons pas que l'on invoque ainsi un être autre que Dieu : nous considérons ceci comme de l'associationnisme (shirk akbar), puisque constituant en l'adoration d'un autre être que Dieu. Rappelons cependant qu'en pays musulmans (comme ailleurs), les chrétiens ont bien entendu la liberté de le faire.

Je souligne de plus que je n'ai pas relevé (naql) ces invocations chrétiennes sur un ton de moquerie (sabb) ; je rappelle d'ailleurs, comme je l'ai écrit dans un autre article, qu'il ne faut pas se tromper dans la détermination des idées à laquelle on a à faire face en un moment donné et/ou en un lieu donné. J'ai relevé ces prières chrétiennes seulement pour répondre à votre question et vous montrer que ce que le verset du Coran que vous avez cité dit est entièrement vérifié : un certain nombre de chrétiens ont bel et bien pris Marie aussi comme divinité en sus de Dieu.

Je rappelle ici que ces chrétiens, bien qu'alliant de la sorte du shirk au monothéisme (tawhîd), sont – wallâhu a'lam – considérés malgré tout comme des Gens du Livre, et non comme des Polythéistes (cliquez ici et ici pour en savoir plus).

Je rappelle enfin – même si ce point-là relève de l'évidence – qu'une question n'étant pas toujours posée pour se renseigner mais parfois pour d'autres raisons, lorsque ce verset coranique 5/116 dit que, le jour du jugement, Dieu demandera à Jésus si c'est lui qui avait dit ceci, ce n'est pas que Dieu aura besoin de S'informer, c'est que, en préalable aux comptes qu'Il sera sur le point de demander aux disciples, Il fera d'abord témoigner le Messager auquel ils se réfèrent.

-
Après avoir lu cette mienne réponse, un visiteur du site m'a adressé, en un message d'une rare politesse, l'objection suivante :

"Laissez-moi tout d'abord me présenter. Je suis un étudiant catholique (...). J'ai donc lu avec un grand intérêt votre article sur le culte marial. Cet article a eu le mérite de susciter à la fois mon admiration pour vous et un peu de gêne vis-à-vis d'un exposé parfois erroné de la foi de l'Eglise. Par cette lettre, j'espère avant tout vous aider à comprendre comment il se fait que vous avez à la fois raison et tort sur un certain nombre de points ; j'espère vous aider à mieux comprendre ce qui fait notre différence. (...) Et puis, si je prends la peine et le temps de vous écrire si longuement, c’est à cause de l’estime que m’a inspirée cet article : j’aimerais pouvoir parler avec autant d’intelligence, de culture et d’autorité sur ces points délicats. (...) C’est enfin à cause de la nécessité et de la douceur d’un dialogue amical. (...)

Selon nous, invoquer n'est pas la même chose qu'adorer ; et vous ne pouvez pas 'invoquer' l'autorité de Muhammad pour nous détromper puisque, pour nous, Muhammad ne fait pas autorité… (...) Selon nous, les saints, au premier rang desquels se trouve la Vierge Marie, sont des amis et des avocats que nous avons auprès de Dieu. Prenons le problème sous un angle linguistique : "avocat" et "invoquer" viennent du même verbe latin, "vocare", qui signifie "appeler". "Ad-vocare" et "in-vocare" signifient "appeler à (soi)", appeler quelqu’un à son secours. Mais en français, nous n’avons gardé du premier verbe que le nom dérivé, "avocat", "celui que l'on a appelé à soi pour qu'il nous défende", et du second que le verbe lui-même, "invoquer", "appeler à soi quelqu’un qui nous défende". La langue française en revanche ne distingue pas un "avocat" et un "invocat (!)", ne distingue pas "invoquer" et "avoquer (!)". En quelque sorte, par un phénomène linguistique qui s’appelle le "supplétisme", c’est "avocat" qui est, en français, le nom commun lié au verbe "invoquer". Vous voyez les conséquences de cela. C’est Dieu le Juge, auprès de qui l'avocat parle en notre faveur. Mais la plaidoirie de l'avocat n'oblige pas le juge : en dernier lieu c'est le juge qui décide, et cela dans tous les cas. Le Juge est le Juge, c’est Lui qui juge, c’est Lui qui justifie ou condamne, c’est Lui seulement qui fait miséricorde. L'avocat n'est qu'avocat, il ne fait que plaider. Il ne fait que plaider notre cause mieux que nous ne saurions faire. Il ne fait que se présenter comme caution morale ; parce que lui, on sait qu'il est justifié devant Dieu, Dieu le connaît pour justifié, et c’est pourquoi il a des titres à plaider notre cause en justification auprès de Dieu. Ainsi à Dieu seul revient l'adoration, cela est sûr et certain, et quant à Marie nous ne l'adorons pas : pour anticiper sur les prières que vous avez relevées, je peux vous certifier que vous ne trouverez jamais une prière approuvée qui dirait quelque chose comme "Sainte Vierge Marie, je vous adore" (Dieu m’en préserve, que cette parole ne me soit pas comptée en elle-même mais en tant que je la réprouve !). En arrière-plan de tout cela, il faut se souvenir que, pour nous, les élus sont déjà auprès de Dieu, et non dans l’attente du Jugement dernier. (...)

C'est que si au ciel il y a une personne qui peut prendre sur nos lèvres notre prière et la présenter à Dieu en l'appuyant du poids de son propre mérite, c'est bien Marie. Si quelqu'un peut prier Dieu pour qu'Il emplisse notre parole de douceur, qu'Il éclaire notre intelligence, qu'Il nous mette sous Sa seule domination, qu'Il fasse que nous mourions en nous recommandant à Lui (cf. les prières que vous vez relevées), c'est bien elle. Pourquoi ? Parce que c'est elle qu'Il a le plus comblée de toutes ces faveurs (cf. les prières relevées), parce qu'elle devait être l'humaine mère de Son divin Fils. Il lui a déjà donné toutes les grâces que nous pouvons demander à Dieu, et c'est pourquoi nous pouvons nous adresser à elle pour qu'elle demande à Dieu pour nous ces grâces. (...)

En résumé, la réponse chrétienne serait donc : "Vous n'avez pas compris ce que nous voulons dire. Car, pour nous, Marie n’est pas divinité comme vous le dites, et Jésus n’est pas en-dehors de Dieu comme vous le dites." (Donc, selon nous, Dieu, qui est Vérité, ne peut pas poser cette question à Jésus.) (...)

J'espère avoir été clair, et surtout ne pas avoir offensé vos yeux par ce qui doit vous apparaître comme un enchaînement de blasphèmes. Comme je vous l'ai dit, mon intention est seulement de rectifier certains points en vous expliquant "de l'intérieur" la cohérence de notre foi. Si vous avez une réponse à me faire, je serai heureux de la recevoir, de la lire et de la méditer du mieux que je pourrai.

Très cordialement, si vous me le permettez, et que Dieu vous garde."

-
Eléments de réponse à cette objection :

Je suis enchanté de faire votre connaissance, et je vous remercie pour votre message.

Avec tout le respect que je vous dois, permettez que je vous dise que votre explication ne correspond pas à la réalité de ces prières.

A un avocat, on dit "Maître, plaidez pour moi afin que le juge m'accorde un non-lieu". A un avocat, on ne dit pas : "Maître accordez-moi un non-lieu". Car qui dirait cela à un avocat l'élèverait au même statut que le juge. Et qui dirait cela à un avocat s'entendrait immédiatement répondre : "Vous vous méprenez, je ne suis qu'avocat, je ne suis pas le juge ; je ne fais que plaider votre cause ; mais accorder ou non un non-lieu est du ressort exclusif du juge".

Dans le cas de Marie, il y a effectivement d'autres paroles de prières où des chrétiens demandent à Marie d'être leur avocate, c'est-à-dire d'intercéder auprès de Dieu en leur faveur. Ainsi : "soyez ma très miséricordieuse avocate" (Odilon de Cluny) ; dans d'autres prières encore d'autres chrétiens lui demandent explicitement d'intercéder pour eux auprès de Dieu. Mais sans même entrer ici dans le débat de savoir comment considérer la croyance selon laquelle un humain encore vivant (et a fortiori un être humain ayant déjà quitté ce monde) entend les demandes qui lui sont adressées de partout sur terre et non seulement devant lui... sans entrer dans le débat de savoir si un humain ayant déjà quitté ce monde (Marie ou n'importe qui) entend ou non les salutations qui lui sont adressées devant sa tombe, et entend ou non les autres propos qui lui sont adressés devant sa tombe... sans entrer non plus dans le débat de savoir si même après sa mort et avant le jugement aussi (et non plus seulement après avoir reçu la bonne nouvelle de son admission au paradis) un croyant pieux ayant quitté ce monde peut intercéder auprès de Dieu (c'est-à-dire Lui adresser une demande) en faveur d'autres croyants (mu'min)... sans même entrer ici dans ces débats, on ne peut que constater que dans les formules chrétiennes que j'ai relevées plus haut, il n'a pas été demandé à Marie d'intercéder auprès de Dieu pour que Celui-ci réalise l'objet de la requête : il a été demandé à Marie de réaliser elle-même l'objet de la requête. En effet, il y est dit à cette très pieuse (siddîqa) : "Remplis ma bouche, ô Marie, de la grâce de ta douceur. Éclaire mon intelligence", et non pas : "Demande à Dieu, ô Marie, de remplir ma bouche de douceur, d'éclairer mon intelligence, etc." Ceux qui font à Marie ce genre de demandes ou qui se mettent explicitement sous sa protection la considèrent donc bel et bien comme capable de réaliser les choses demandées. Ce faisant, ils lui accordent une prérogative réservée au Juge, à Dieu, et non à un simple avocat. Ils la divinisent donc bel et bien.

Malgré cela, comme je l'ai écrit dans la partie originelle de l'article, plus haut, nous considérons  que les chrétiens, bien qu'alliant de la sorte cette dose de polythéisme au monothéisme, sont des Gens du Livre, distincts des Polythéistes (cliquez ici et ici pour en savoir plus).

Vous avez également affirmé que "Jésus n'étant pas en-dehors de Dieu comme vous le dites, Dieu, qui est Vérité, ne peut pas poser cette question à Jésus". Or Jésus est bien "en dehors" de Dieu ; je vous invite à lire à ce sujet un autre article où cette croyance est évoquée.

Voilà ce que je peux vous dire, en toute humilité.

Très cordialement, Monsieur, et que Dieu nous guide tous sur le chemin qu'Il agrée et qui mène à Lui.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

 

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As salam aleykoum mes sœurs et frères   
 
donc je vais me représenté je m’appelle najma reconvertie à l’Islam al hamdoulilah ! J’ai grandis dans une famille de athée donc je n’avais jamais eu de contact avec une religion. J’étais perdue je ne savais pas ce qui fallais croire. Et parlais de religion chez moi c’étais impossible c’étais un sujet tabou on en parlais jamais.

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